En bref

  • Refroidir d'abord : au congélateur (pièce en sac) ou sous un sac de glaçons, la gomme durcit et se décolle par éclats au lieu de s'étirer.
  • Dans les cheveux, sur la peau ou sur une semelle, un corps gras — huile, beurre de cacahuète — délite la gomme sans rien abîmer.
  • Sur un sol poreux, un trottoir ou un plastique qu'on ne peut pas refroidir, le dégraissant d'agrume prend le relais, avec des gants : il est inflammable et sensibilisant.
  • Il reste ensuite un halo gras : on le traite avant tout passage en machine ou au sèche-linge, qui le fixeraient.

Un chewing-gum se retire dur : on le refroidit jusqu’à ce qu’il soit dur, puis on le fait sauter par éclats avec une spatule : c’est la méthode qui marche sur un tissu, une chaussure, un tapis ou un siège. Là où le froid ne peut pas aller — cheveux, peau, sol poreux —, un corps gras ou un dégraissant d’agrume délite la gomme. Dans tous les cas, on ne tire pas : un chewing-gum tiré s’allonge et s’enfonce.

Le froid d’abord : pourquoi un chewing-gum casse quand il est dur

Un chewing-gum mâché a perdu presque tous ses sucres et ses arômes. Il ne reste que la gomme base, un mélange d’élastomères de synthèse — polyisobutylène, acétate de polyvinyle, caoutchouc butyle selon les formulations — assouplis par des cires et des plastifiants. Un élastomère est un polymère dont les chaînes glissent les unes sur les autres : tiré, il s’étire au lieu de rompre, et chaque traction le fait entrer un peu plus dans la trame ou dans la porosité.

Le froid supprime ce glissement. En dessous d’une certaine température, les chaînes sont figées, la gomme perd son élasticité et devient cassante, comme un pneu ou un joint de portière en plein hiver. On n’arrache plus, on fracture : la spatule glissée sous le bord fait sauter un éclat net, sans fil. Ce n’est pas une affaire de chimie mais de mécanique, ce qui explique qu’aucun produit ne fasse aussi bien que le congélateur sur une pièce qu’on peut y mettre.

Un détail fait réussir ou rater la méthode : le froid doit atteindre le cœur de la gomme. La surface durcit vite, mais un centre encore tiède continue de s’étirer sous l’outil. On attend donc que la gomme sonne dur sous l’ongle avant d’attaquer, et l’on travaille vite, juste à la sortie du froid.

Chewing-gum sur un vêtement ou un tissu

On plie le vêtement pour que la gomme soit à l’extérieur, on le glisse dans un sac fermé et on le laisse au congélateur jusqu’à ce que la gomme soit dure à cœur. Sur une pièce trop grande, un sac de glaçons posé dessus fait le même travail, à condition que l’eau de fonte ne touche pas le tissu : l’eau réchauffe la gomme et mouille la trame.

À la sortie, on glisse le bord d’une spatule ou d’un couteau à beurre sous la gomme et l’on donne une impulsion sèche. On procède éclat par éclat, et l’on remet au froid dès que la matière redevient molle. Sur un tissu épais, la gomme a souvent traversé : on travaille aussi l’envers.

Il reste alors un halo gras, fait des cires et des plastifiants de la gomme. Il se traite comme une tache de gras : un peu de liquide vaisselle travaillé du bout des doigts, un rinçage, puis le lavage habituel. Ni sèche-linge ni fer avant qu’il ait disparu, car la chaleur le cuit dans la fibre. La méthode détaillée fibre par fibre, avec le cas du jean et de la laine, est sur enlever un chewing-gum sur un vêtement.

Chewing-gum dans les cheveux ou sur la peau

Les cheveux ne passent pas au congélateur, et le glaçon sur le crâne est vite insupportable. La bonne voie est le corps gras : huile alimentaire, huile d’olive, beurre de cacahuète. L’huile pénètre la gomme, qui a une forte affinité pour les graisses, et lui fait perdre sa cohésion : elle se défait en petits morceaux au lieu de s’étirer en fils.

On enduit la mèche autour de la gomme, on la travaille entre les doigts quelques minutes, puis on fait glisser les morceaux vers la pointe avec un peigne à dents larges. Un shampooing, parfois deux, retire l’huile. Les ciseaux ne deviennent nécessaires que si la gomme est collée au ras du cuir chevelu, et une petite mèche coupée vaut mieux qu’un arrachage.

Sur la peau, la même huile suffit. On évite en revanche les solvants, dégraissant d’agrume compris, qui irritent la peau et peuvent la sensibiliser.

Chewing-gum sous une chaussure, sur un sol ou un trottoir

Sous une semelle, la gomme s’est enfoncée dans les rainures du caoutchouc. Un passage au congélateur, chaussure en sac, la rend cassante, et un bâtonnet ou une vieille brosse à dents dure la sortent des sillons. L’huile convient aussi, mais elle laisse la semelle glissante tant qu’elle n’a pas été lavée.

Sur un sol dur et lisse — carrelage émaillé, parquet vitrifié, lino —, un sac de glaçons puis une spatule plastique suffisent. Pas de lame métallique : sur un vitrificateur ou un lino, quelques microns de film se rayent sans effort.

Sur un sol poreux — béton, pavé, terrasse, trottoir —, la gomme est entrée dans les pores et le froid ne suffit plus. On applique un dégraissant d’agrume, du d-limonène tiré de l’écorce d’orange, qui gonfle la gomme et la délite ; on racle, puis on brosse à l’eau savonneuse. Une ombre grise peut rester, et l’abrasif, qui ouvre la porosité, la rendrait plus visible encore. L’INRS classe le limonène inflammable et sensibilisant cutané : gants, aucune flamme à proximité, flacon hors de portée des enfants.

Chewing-gum sur un tapis, un canapé ou un siège de voiture

Ces surfaces ont deux points communs : on ne peut pas les déplacer, et l’on ne peut pas les rincer à grande eau sans mouiller la mousse ou le support. Le froid se fait donc au sac de glaçons, posé jusqu’à ce que la gomme soit dure, puis la spatule plastique décolle les éclats. Sur un tapis à poils longs, une gomme prise dans les poils se coupe parfois aux ciseaux, poil par poil, plutôt que d’arracher la touffe.

Le halo gras se traite à peine humide : un chiffon essoré dans de l’eau tiède additionnée d’un peu de liquide vaisselle, tamponné sans détremper, puis un chiffon sec. La page enlever un chewing-gum sur un canapé détaille ce passage, où l’excès d’eau laisse une auréole plus visible que la tache.

Dans une voiture, le tissu des sièges suit la même méthode. Sur le cuir d’un siège ou sur un plastique de tableau de bord, on s’en tient au froid et à un chiffon humide : le dégraissant d’agrume et les solvants ternissent la finition, et sur un cuir, on nettoie en réalité un film de peinture de quelques microns.

Vinaigre, citron, fer à repasser : ce que valent les astuces courantes

Le vinaigre chaud est souvent conseillé. Il agit, mais par sa chaleur : la gomme base ne réagit pas aux acides ménagers, et l’acide acétique ne lui fait rien. On obtient une gomme plus molle, donc plus collante, qu’il faut ramasser vite, avec l’odeur en plus et un risque pour la laine et la soie, que l’eau chaude abîme.

Le jus de citron repose sur une confusion. Ce qui délite un chewing-gum, c’est le limonène, une huile contenue dans l’écorce des agrumes, pas dans leur jus. Le jus apporte de l’acide citrique et de l’eau, sans effet sur la gomme. Un zeste frotté sur la gomme contient bien un peu de limonène, mais en quantité très faible face à un dégraissant d’agrume.

Le fer à repasser sur papier absorbant fluidifie les cires, qui passent dans le papier. Le geste fonctionne sur une gomme peu enfoncée dans un coton, mais il marque définitivement un textile synthétique et fait descendre le reste de la gomme si le papier est saturé. L’eau chaude et le savon ramollissent sans retirer : ils préparent le terrain d’un lavage qui, on l’a vu, étale la gomme.

L’huile et le beurre de cacahuète, à l’inverse, ne sont pas des remèdes de grand-mère sans fondement : ils agissent par la même affinité que le limonène, avec moins de force et sans danger. Le chewing-gum est d’ailleurs l’un des rares polymères de la maison qu’un produit de cuisine défait, parce qu’il n’a jamais réagi chimiquement en durcissant, à la différence d’une colle forte ou d’un époxy.

Chewing-gum sur les sept classes de matières

Chewing-gum relève de la classe POL — polymères et adhésifs. Le tableau ci-dessous résume, pour chacune des sept classes de matières du site, ce qui agit et ce qui détruit ; le détail de chaque geste est sur les pages de matière.

Fibre cellulosique M2 porosité forte

Ce qui agit sans abîmer

  • Acétone
  • Dissolvant sans acétone
  • White-spirit
  • Dégraissant d’agrume
  • Huile alimentaire ou beurre
  • Chaleur sèche
  • Froid
  • Alcool isopropylique

Sous condition

  • Décapeur thermique

Agit, mais détruit

Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.

Minéral vitrifié et métal M5 porosité nulle

Ce qui agit sans abîmer

  • Acétone
  • Dissolvant sans acétone
  • White-spirit
  • Dégraissant d’agrume
  • Huile alimentaire ou beurre
  • Chaleur sèche
  • Décapeur thermique
  • Froid
  • Alcool isopropylique

Sous condition

Rien de conditionnel ici.

Agit, mais détruit

Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.

Synthétique thermoplastique M3 porosité nulle

Ce qui agit sans abîmer

  • White-spirit
  • Huile alimentaire ou beurre
  • Froid

Sous condition

  • Dégraissant d’agrume
  • Alcool isopropylique

Agit, mais détruit

  • Acétone
  • Dissolvant sans acétone
  • Chaleur sèche
  • Décapeur thermique

Minéral poreux M4 porosité forte

Ce qui agit sans abîmer

  • Acétone
  • Dissolvant sans acétone
  • White-spirit
  • Dégraissant d’agrume
  • Huile alimentaire ou beurre
  • Chaleur sèche
  • Décapeur thermique
  • Froid
  • Alcool isopropylique

Sous condition

Rien de conditionnel ici.

Agit, mais détruit

Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.

Fibre protéique M1 porosité forte

Ce qui agit sans abîmer

  • Dissolvant sans acétone
  • White-spirit
  • Dégraissant d’agrume
  • Huile alimentaire ou beurre
  • Froid
  • Alcool isopropylique

Sous condition

  • Acétone

Agit, mais détruit

  • Chaleur sèche
  • Décapeur thermique

Revêtement et film M6 porosité nulle

Ce qui agit sans abîmer

  • Dégraissant d’agrume
  • Huile alimentaire ou beurre
  • Chaleur sèche
  • Froid

Sous condition

  • White-spirit
  • Alcool isopropylique

Agit, mais détruit

  • Acétone
  • Dissolvant sans acétone
  • Décapeur thermique
  • Action mécanique

Peau vivante M7 porosité faible

Ce qui agit sans abîmer

  • Dissolvant sans acétone
  • Dégraissant d’agrume
  • Chaleur sèche
  • Froid
  • Alcool isopropylique

Sous condition

  • Huile alimentaire ou beurre

Agit, mais détruit

  • Acétone
  • White-spirit
  • Décapeur thermique

Ce qui aggrave la tache

  • Action mécanique

Ce qui ne sert à rien

  • Eau froide
  • Lessive enzymatique
  • Bicarbonate de sodium

Colonnes établies à partir de la classification publiée sur la page méthode.

Avec les produits de cette page, ne mélangez jamais

  • White-spirit, térébenthine, acétone, alcool à brûler, essence F, solvant aux agrumes+Local fermé, flamme, cigarette→ vapeurs inflammables

    Ces solvants sont inflammables — l’acétone dès −18 °C (INRS, fiche toxicologique FT 3) — et leurs vapeurs, plus lourdes que l’air, s’accumulent au sol d’une salle de bain ou d’un garage. Une veilleuse de chaudière suffit. Travailler fenêtre ouverte, loin de toute flamme, et laisser sécher dehors, à plat, les chiffons imbibés. L’inhalation prolongée est par ailleurs neurotoxique.

  • Tout acide, vinaigre inclus+Marbre, pierre calcaire, travertin, terre cuite, joint de ciment→ dissolution du carbonate de calcium

    La surface se dissout : elle devient mate, rugueuse, légèrement en creux. On appelle cela une gravure, et elle ne se rattrape qu’au reponçage. Le liant d’un joint de ciment se délite de la même façon.

  • Acétone, acétate d’éthyle, solvant chloré+ABS, polycarbonate, plexiglas, polystyrène, acétate→ fissuration sous contrainte

    Le solvant s’insinue entre les chaînes du polymère. Là où la pièce est sous tension — un angle, une vis, un clip — il apparaît un réseau de microfissures qui blanchit, puis casse. La pièce peut se rompre des semaines après le contact.

Questions fréquentes

Comment enlever un chewing-gum collé dans les cheveux ?

Avec un corps gras : huile alimentaire ou beurre de cacahuète, travaillés entre les doigts sur la mèche. La gomme perd sa cohésion, se défait en petits morceaux qu'on fait glisser vers la pointe au peigne, puis un shampooing retire l'huile. Les ciseaux ne sont nécessaires que si la gomme est prise au ras du cuir chevelu.

Combien de temps laisser un vêtement au congélateur pour un chewing-gum ?

Le temps que la gomme soit dure à cœur, pas seulement en surface : elle doit sonner dur sous l'ongle et casser net quand on glisse une spatule dessous. Si elle recommence à s'étirer pendant le retrait, on remet la pièce au froid au lieu de forcer.

Le vinaigre enlève-t-il un chewing-gum ?

Le vinaigre chaud ramollit la gomme par sa chaleur, pas par son acide : la gomme base ne réagit pas aux acides ménagers. On obtient une gomme plus molle, donc plus collante, qu'il faut ensuite ramasser. Le froid ou un corps gras font mieux, sans odeur et sans risque pour les fibres délicates.

Comment enlever un chewing-gum sur un siège de voiture ?

Sur un tissu de siège, un sac de glaçons posé sur la gomme jusqu'à ce qu'elle durcisse, puis une spatule plastique glissée sous le bord. Sur le cuir ou un plastique de l'habitacle, même froid, puis un chiffon à peine humide de liquide vaisselle : aucun solvant, qui ternirait la finition.

Le chewing-gum part-il au lavage en machine ?

Non, et le lavage aggrave souvent la situation. Les sucres se dissolvent, mais la gomme base ramollit dans l'eau chaude, s'étale sous le brassage et s'imprime plus profond dans la trame, voire sur les autres pièces du tambour.

Sources et méthode

  • INRS, fiche toxicologique FT 227 — Dipentène (limonène), mise à jour 2024 : H226 inflammable, H304, H315, H317 sensibilisant cutané
  • Comportement des élastomères à basse température : rigidification et perte d'élasticité (chimie générale des polymères)

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