En bref
- Glaçons dans un sac fermé, posés sur la gomme jusqu'à ce qu'elle soit dure et mate, puis fracture au dos d'une cuillère et éclats retirés vers le haut, à la spatule plastique.
- Jamais de glaçon nu : son eau de fonte descend dans la mousse et laisse une auréole en séchant.
- Le résidu gras qui reste se traite selon l'étiquette sous l'assise : W à l'eau savonneuse au chiffon essoré, S au white-spirit tamponné, X à l'aspirateur seulement.
- L'huile, conseillée partout pour un vêtement, est à éviter sur un canapé : elle laisse une tache grasse qu'on ne peut pas rincer.
Pour enlever un chewing-gum collé sur un canapé en tissu, posez dessus des glaçons enfermés dans un sac, attendez qu’il soit dur, cassez-le au dos d’une cuillère et retirez les éclats un par un, vers le haut. La gomme part en un quart d’heure. Le vrai travail commence ensuite : le résidu gras qu’elle laisse ne peut pas être rincé, et c’est la lettre inscrite sur l’étiquette sous l’assise qui dit avec quoi le traiter.
Avant les glaçons : trente secondes pour regarder la gomme et l’étiquette
Pincez un bord de la gomme et tirez d’un millimètre. Si elle se soulève en filant, elle est posée sur le tissu et l’affaire est simple. Si les fils de la housse se soulèvent avec elle, elle est entrée dans la trame, souvent parce qu’on s’est assis dessus au chaud ou qu’on a déjà frotté. Dans ce cas, visez une atténuation, pas une disparition complète.
Cherchez ensuite l’étiquette d’entretien : sous l’assise, sous un coussin fixe, dans une couture d’angle du dossier. Elle porte un code qui commande toute la seconde moitié du travail.
| Code | Ce qu’il autorise | Pour le résidu gras |
|---|---|---|
| W | Eau et produits aqueux | Liquide vaisselle dilué, au chiffon essoré |
| S | Solvant seul, sans eau | White-spirit tamponné, jamais d’eau |
| WS | Les deux | Selon la fibre de la housse |
| X | Aspiration seulement | Le froid, et rien d’autre |
Si la housse est déhoussable, sortez-la : elle redevient un vêtement, qui se rince et passe en machine, et la méthode est celle du chewing-gum sur un vêtement. En l’absence d’étiquette, la page canapé, tapis et matelas aide à reconnaître la fibre et la garniture.
Le froid sur un meuble qu’on ne déplace pas
Un chewing-gum est fait d’une base élastomère : des chaînes longues et souples qui glissent les unes sur les autres, d’où son étirement sans fin. Refroidi, il durcit et devient cassant. C’est ce changement d’état qu’on cherche, pas un gel du tissu.
- Remplir un sac congélation de glaçons et le fermer. Jamais de glaçon nu sur la housse : l’eau de fonte descend dans la mousse et laisse une auréole en séchant, bien après que la gomme soit partie.
- Poser le sac sur la gomme et le laisser en contact franc, sans appuyer, une dizaine de minutes, davantage sur une gomme épaisse.
- Tester à l’ongle. La gomme doit être dure et mate. Si elle garde la marque, elle n’est pas prête.
- Fracturer d’un coup sec, à plat, au dos d’une cuillère. Elle doit se craqueler. Si elle s’écrase, remettez le sac.
- Retirer les éclats vers le haut, à l’ongle ou à la spatule en plastique dur. Un éclat poussé de côté glisse entre deux fils et n’en ressort plus.
- Aspirer au fur et à mesure. Un éclat qui se réchauffe se recolle ailleurs, souvent sur une zone qui n’avait rien.
- Refroidir de nouveau dès que la gomme reprend de la souplesse. Deux passages courts valent mieux qu’un arrachage.
Un coussin amovible peut aller au congélateur dans un grand sac, une à deux heures selon son épaisseur. Le froid y est homogène et sans eau, c’est la meilleure option quand la forme du coussin le permet.
Le résidu gras : retirer sans mouiller la garniture
Une fois la gomme partie, il reste souvent une zone terne ou légèrement collante : les cires et les plastifiants de la gomme, parfois teintés par la dragée. C’est une tache grasse ordinaire, mais sur une garniture, tout liquide versé reste dedans. Le volume compte plus que le produit.
Commencez par le geste sans liquide. Une couche épaisse de terre de Sommières ou de talc sur le résidu, laissée une à deux heures, puis aspirée. La poudre boit le gras par capillarité. Deux applications valent mieux qu’une.
Ce qui reste se traite selon le code de l’étiquette.
Code W ou WS. Une goutte de liquide vaisselle dans un peu d’eau froide, un chiffon essoré à la main jusqu’à ne plus goutter. Tamponnez par petits cercles, puis reprenez au chiffon propre essoré à l’eau claire, plusieurs fois. Sur une garniture, « rincer » signifie retirer le produit au chiffon, pas ajouter de l’eau.
Code S ou WS. Du white-spirit sur un chiffon blanc, jamais versé sur le tissu, tamponné par petites touches en changeant de zone du chiffon dès qu’elle se colore. Il est inflammable et ses vapeurs irritent (INRS, FT 94) : fenêtre ouverte, aucune flamme ni cigarette, gants, et le chiffon usagé mis à sécher à plat dehors. Sur une housse synthétique, un dégraissant d’agrume au d-limonène convient aussi, après essai dans un pli caché ; il est inflammable et sensibilisant pour la peau (INRS, FT 227).
Code X. Aucun liquide. Le résidu relève d’un nettoyage professionnel sur place.
Séchez vite ensuite : linge sec pressé sur la zone, ventilateur orienté dessus, pièce aérée. Traitez une zone un peu plus large que la tache, en estompant vers les bords, pour ne pas laisser un rond net qui se verrait en séchant.
Huile, beurre de cacahuète, vinaigre chaud : pourquoi pas sur un canapé
Les méthodes qui circulent pour le chewing-gum ont été pensées pour un vêtement qu’on lave ensuite. Transposées sur une garniture, elles créent un second problème.
L’huile ou le beurre de cacahuète ramollissent effectivement la gomme, parce qu’ils se mêlent à sa base. Mais ils pénètrent la housse et descendent dans la mousse. On remplace une gomme de la taille d’une pièce par une tache grasse de la taille d’une main, et aucun lavage ne viendra la reprendre.
Le vinaigre chaud n’a pas de prise sur un élastomère, et il apporte un volume de liquide chaud dans la garniture. Le sèche-cheveux et le fer ramollissent la gomme qui s’étire et s’enfonce entre les fils. Le frottement étale la base sur une surface plus grande.
Velours, microfibre, lin, cuir : ce que chaque housse change
Le coton et le lin tolèrent la plupart des produits, mais ils sont poreux : ce qu’on applique traverse vers la mousse. La contrainte porte sur la dose.
La microfibre et le velours polyester ne boivent presque rien, ce qui laisse une vraie chance même après plusieurs jours. Ils craignent la chaleur, qui lustre le polyester, et l’acétone, qui dissout l’acétate présent dans certains velours. Brossez dans le sens du poil pendant le séchage pour le redresser.
La laine et les tissus anciens refusent l’eau chaude et beaucoup de solvants ; leurs teintures migrent parfois à l’humide. Le froid, puis un professionnel.
Le cuir pigmenté, le cas le plus courant sur un canapé, porte un film peint. Le froid et la spatule y sont sans risque ; aucun solvant ne l’est. Les autres finitions du cuir sont décrites sur sa page.
Velours lustré, colorant migré, auréole : les dommages qui restent
Une gomme chauffée puis écrasée dans un velours laisse un lustre : les fibres couchées brillent autrement que leurs voisines. Ce n’est pas une tache mais un changement d’aspect du tissu.
Un colorant de dragée fixé dans une housse claire n’est plus du chewing-gum. Sur une housse teinte, ce qui le déferait déferait aussi la teinture autour.
Une auréole laissée par un trempage ne s’enlève pas par un second trempage : elle demande une injection-extraction, qui envoie de l’eau et l’aspire aussitôt. Le raisonnement d’ensemble sur les gommes et les adhésifs est publié sur la page du chewing-gum, et les mélanges de produits à ne jamais faire sur la page sécurité.
Chewing-gum : ce qui agit et ce qui détruit, matière par matière
« Chewing-gum » relève de la classe POL — polymères et adhésifs. « Canapé, tapis et matelas » recouvre 4 classes de matière, et le verdict change de l’une à l’autre.
Fibre cellulosique M2 porosité forte
Ce qui agit sans abîmer
- Acétone propanone
- Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle
- White-spirit essence minérale
- Dégraissant d’agrume d-limonène
- Huile alimentaire ou beurre
- Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant
- Froid glaçon ou congélateur
- Alcool isopropylique propan-2-ol
Sous condition
- Décapeur thermique Utilisable sur du bois en mouvement constant. Une buse qui stationne roussit la fibre, et la brûlure ne s’enlève plus.
Agit, mais détruit
Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.
Synthétique thermoplastique M3 porosité nulle
Ce qui agit sans abîmer
- White-spirit essence minérale
- Huile alimentaire ou beurre
- Froid glaçon ou congélateur
Sous condition
- Dégraissant d’agrume Attaque le polystyrène et certains caoutchoucs. Essai obligatoire sur une face cachée.
- Alcool isopropylique Le solvant le plus sûr de la famille sur les plastiques techniques, mais il attaque encore certains vernis et sérigraphies.
Agit, mais détruit
- Acétone Elle dissout l’ABS, le polycarbonate, le plexiglas, l’acétate et le polystyrène. Elle ne les tache pas : elle les troue, les blanchit ou les fissure.
- Dissolvant sans acétone Même famille de solvants, même risque sur les mêmes plastiques, en un peu plus lent.
- Chaleur sèche Le polyester fond vers 250 °C mais se rétracte dès 120 °C, et l’élasthanne perd son élasticité dès 60 °C. Un fer laisse une marque lustrée définitive.
- Décapeur thermique Un thermoplastique fond, gondole ou se rétracte bien avant de laisser partir ce qui est posé dessus. La déformation est définitive.
Fibre protéique M1 porosité forte
Ce qui agit sans abîmer
- Dissolvant sans acétone acétate d’éthyle
- White-spirit essence minérale
- Dégraissant d’agrume d-limonène
- Huile alimentaire ou beurre
- Froid glaçon ou congélateur
- Alcool isopropylique propan-2-ol
Sous condition
- Acétone Sans danger pour la fibre elle-même, mais elle dissout les colorants et les apprêts.
Agit, mais détruit
- Chaleur sèche La kératine et la fibroïne se dégradent bien avant la température d’un fer : la laine lustre et roussit, la soie jaunit et perd son brillant. La marque est définitive.
- Décapeur thermique Il carbonise une fibre protéique en quelques secondes. Aucun emploi sur cette classe.
Le cas où l’on passe la main
Soie, cachemire, daim, cuir teinté et tapis anciens : le détachage à sec en atelier utilise des solvants et un contrôle de tension qu’on n’a pas chez soi. Une tache localisée sur une pièce de valeur part chez le nettoyeur, pas dans l’évier.
Revêtement et film M6 porosité nulle
Ce qui agit sans abîmer
- Dégraissant d’agrume d-limonène
- Huile alimentaire ou beurre
- Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant
- Froid glaçon ou congélateur
Sous condition
- White-spirit Toléré brièvement sur une carrosserie vernie, jamais sur une peinture mate ni sur un plastique de tableau de bord.
- Alcool isopropylique Dilué à 30 %, sur chiffon, pour un écran ou un stratifié. Jamais versé, jamais sur un joint.
Agit, mais détruit
- Acétone Dissout tout vernis et toute peinture, y compris celle qu’on essaie de protéger. Sur une carrosserie, elle mate le vernis en quelques secondes.
- Dissolvant sans acétone Même effet que l’acétone sur les vernis, à peine plus lent.
- Décapeur thermique C’est exactement son emploi : il fait cloquer le film. Utile quand on veut décaper, destructeur quand on voulait seulement nettoyer.
- Action mécanique Le film ne fait que quelques microns : le moindre abrasif le traverse et met le support à nu.
Ce qui aggrave la tache
- Action mécanique Frotter avant d’avoir ramolli le réseau étire l’adhésif et le fait pénétrer plus profond dans la porosité ou la trame.
Ce qui ne sert à rien
- Eau froide Un polymère réticulé n’est pas soluble dans l’eau, par définition.
- Lessive enzymatique Aucune enzyme domestique ne coupe un polymère de synthèse.
- Bicarbonate de sodium Trop peu abrasif pour attaquer un film dur, et chimiquement inerte sur lui.
Colonnes établies à partir de la classification publiée sur la page méthode.
Avec les produits de cette page, ne mélangez jamais
White-spirit, térébenthine, acétone, alcool à brûler, essence F, solvant aux agrumes+Local fermé, flamme, cigarette→ vapeurs inflammables
Ces solvants sont inflammables — l’acétone dès −18 °C (INRS, fiche toxicologique FT 3) — et leurs vapeurs, plus lourdes que l’air, s’accumulent au sol d’une salle de bain ou d’un garage. Une veilleuse de chaudière suffit. Travailler fenêtre ouverte, loin de toute flamme, et laisser sécher dehors, à plat, les chiffons imbibés. L’inhalation prolongée est par ailleurs neurotoxique.
Acétone, acétate d’éthyle, solvant chloré+ABS, polycarbonate, plexiglas, polystyrène, acétate→ fissuration sous contrainte
Le solvant s’insinue entre les chaînes du polymère. Là où la pièce est sous tension — un angle, une vis, un clip — il apparaît un réseau de microfissures qui blanchit, puis casse. La pièce peut se rompre des semaines après le contact.
Questions fréquentes
Comment enlever un chewing-gum sur un canapé en tissu ?
Posez sur la gomme un sachet fermé rempli de glaçons jusqu'à ce qu'elle soit dure et mate. Cassez-la d'un coup sec au dos d'une cuillère, retirez les éclats un par un à la spatule plastique, puis traitez le résidu gras avec un produit autorisé par l'étiquette, au chiffon essoré.
Peut-on mettre un coussin de canapé au congélateur ?
Si le coussin est amovible et entre dans un grand sac, oui : le froid est homogène et il n'y a pas d'eau de fonte. Comptez une à deux heures selon l'épaisseur et travaillez dès la sortie. Pour une assise fixe, le sachet de glaçons reste la seule voie.
Faut-il mettre de l'huile pour décoller un chewing-gum d'un canapé ?
Mieux vaut l'éviter. L'huile ramollit bien la gomme, mais elle pénètre la housse et la mousse, et laisse une tache grasse plus grande que le chewing-gum. Sur un vêtement on la retire au lavage ; sur un canapé, elle reste.
Le sèche-cheveux ou le fer marchent-ils sur un chewing-gum ?
Non. Un chewing-gum ne fond pas en liquide comme la cire : il ramollit, s'étire et s'enfonce entre les fils. La chaleur fait l'inverse de ce qu'il faut, qui est de le refroidir jusqu'à ce qu'il casse.
Le chewing-gum a laissé une trace rose sur un canapé clair, que faire ?
Cette trace est le colorant de la dragée, qui a migré dans la fibre. Elle ne relève plus du froid ni du solvant. Sur une housse blanche déhoussable, un détachant pour colorants peut l'atténuer ; sur une housse teinte, ce qui défait le colorant défait aussi la teinture du tissu.
Et sur un canapé en cuir ?
Le froid et une spatule en plastique suffisent, sans aucun produit. Un cuir de canapé est presque toujours pigmenté : l'acétone, l'alcool et les dégraissants emportent le pigment avec le résidu et laissent une zone décolorée.
Sources et méthode
- INRS, fiche toxicologique FT 94 — White-spirit : point d'éclair, vapeurs, irritation
- INRS, fiche toxicologique FT 227 — Dipentène (limonène), mise à jour 2024 : H226 inflammable, H304, H315, H317 sensibilisant cutané
Ce site n’a testé aucun produit et n’exerce aucune activité de nettoyage. Il publie des mécanismes physico-chimiques et leurs limites. Sur une pièce de valeur, un doute sur la matière ou une surface étendue, un professionnel reste la bonne réponse.