En bref

  • Un bijou en or se nettoie dans un bol d'eau tiède additionnée de quelques gouttes de liquide vaisselle, avec une brosse à dents souple pour les recoins, puis un rinçage dans un second bol et un séchage au chiffon doux.
  • L'or pur ne s'oxyde pas : ce qui ternit, c'est un film de sébum et de cosmétiques, ou le cuivre et l'argent de l'alliage sur un or 9 ou 14 carats.
  • Bicarbonate, dentifrice et levure rayent l'or, métal tendre, et usent le plaqué et le rhodium de l'or blanc.
  • Perle, nacre, opale, turquoise, ambre et corail ne se trempent jamais ; l'eau de Javel et l'eau de piscine fragilisent les alliages.

Pour nettoyer un bijou en or, on le laisse tremper quelques minutes dans de l’eau tiède additionnée de quelques gouttes de liquide vaisselle, on brosse les recoins avec une brosse à dents souple, on rince dans un second bol et on sèche au chiffon doux. Ce qui ternit l’or est presque toujours un film de sébum, de crème et de savon, pas le métal : l’or pur ne s’oxyde pas. Deux questions décident ensuite du reste : quel est le titre de l’alliage, et la pierre supporte-t-elle l’eau ?

Le bain d’eau savonneuse, pas à pas

Le matériel tient dans un placard de cuisine : deux bols, du liquide vaisselle doux, une brosse à dents à poils souples et un chiffon de coton ou de microfibre. La méthode convient à l’or massif, nu ou serti de pierres dures comme le diamant, le saphir ou le rubis.

  1. Remplir le premier bol d’eau tiède, jamais chaude, avec trois ou quatre gouttes de liquide vaisselle : le tensioactif décolle le film gras du métal.
  2. Laisser tremper le temps que le dépôt se ramollisse, quelques minutes pour un bijou porté récemment, davantage pour une bague restée longtemps sans entretien.
  3. Brosser les zones cachées : l’intérieur de l’anneau, le dessous du chaton, les griffes, les maillons. On brosse sans appuyer : le but est de chasser le dépôt ramolli, pas de polir.
  4. Rincer dans le second bol d’eau claire tiède. Rincer sous le robinet au-dessus d’un évier ouvert est la cause la plus banale de bijou perdu.
  5. Sécher en tamponnant avec le chiffon, puis laisser le bijou à l’air quelques minutes, surtout s’il porte un serti où l’eau stagne.

Une chaîne fine trempe en boule dans le bol, sans être frottée maille par maille, et sèche à plat sur le chiffon : brossée en tension, elle s’emmêle et se tord. Sur une bague sertie d’un diamant, on insiste doucement sous la pierre : les facettes du dessous renvoient la lumière vers l’œil, et le gras qui s’y accumule éteint cet éclat bien plus que le dépôt visible sur le dessus.

Pourquoi un bijou en or ternit

Les deux causes de ternissement n’appellent pas le même geste, et les confondre conduit à frotter un film gras au produit acide, ou à poncer un métal qui n’avait besoin que d’un bain.

La plus fréquente est un dépôt gras. La peau sécrète du sébum, et les mains reçoivent dans la journée de la crème, du savon, du gel hydroalcoolique, du parfum. Ces corps gras se déposent en couche fine sur le métal, captent la poussière et s’accumulent dans les griffes et entre les maillons. Comme toute tache de graisse, ce film ignore l’eau seule et ne cède qu’à un tensioactif.

L’autre cause est chimique, et elle ne touche pas l’or lui-même. Un bijou n’est presque jamais en or pur, trop mou pour être porté : on l’allie à du cuivre, de l’argent, du zinc ou du palladium. Ces métaux réagissent avec les composés soufrés de l’air, de la transpiration ou de certains produits, et forment en surface un voile brun ou noirâtre. Plus la part d’or est faible, plus ce voile apparaît vite.

Or 18, 14 ou 9 carats, or blanc, plaqué : lire le poinçon

Le titre d’un bijou est sa proportion d’or, exprimée en millièmes. En France, un bijou neuf en or porte en principe un poinçon de garantie, souvent à l’intérieur de l’anneau ou sur le fermoir ; les ouvrages de moins de 3 grammes en sont dispensés, si bien qu’une petite bague ou une chaîne fine peut n’en porter aucun. Une loupe aide à le lire.

TitreCaratsPoinçon françaisPart d’orComportement au nettoyage
750 millièmes18 caratsTête d’aigle (bijou neuf)Trois quartsTernit peu ; supporte bien l’eau savonneuse
585 millièmes14 caratsCoquille Saint-JacquesUn peu plus de la moitiéPeut foncer légèrement avec le temps
375 millièmes9 caratsTrèfleUn peu plus du tiersFonce le plus vite ; le plus sensible au chlore
Plaqué orAucun titrePas de poinçon de garantie de l’orCouche fine sur un autre métalAucun abrasif ; la couche s’use au frottement

Un or blanc porte les mêmes titres, mais il est presque toujours recouvert d’une fine couche de rhodium, un métal de la famille du platine, qui lui donne son blanc brillant. Ce revêtement ne supporte pas l’abrasion, et sa disparition progressive laisse voir l’alliage légèrement jaune qui se trouve dessous. La logique est la même que pour une poêle antiadhésive, décrite sur la page métal : on se demande s’il y a un revêtement avant de choisir un geste. Le plaqué or et le vermeil, argent recouvert d’or, relèvent de la même prudence : ce qui brille n’est qu’une pellicule.

Si le bijou reste terne après le bain, sur un or 9 ou 14 carats massif, un chiffon de polissage pour bijoux, sans produit liquide, ravive le métal. On l’emploie avec parcimonie, puisqu’il enlève une quantité infime de métal à chaque usage, et jamais sur un plaqué ni sur un or blanc rhodié. Le choix d’un tissu qui ne laisse pas de fibres dans les griffes est détaillé sur la page chiffon non pelucheux.

Perle, opale, émeraude, pierre collée : ne pas tremper

Le métal supporte l’eau savonneuse sans difficulté. Ce sont les pierres qui fixent la limite.

  • Ne se trempent jamais : la perle, la nacre, le corail, l’ambre, l’opale et la turquoise. Ces matières sont poreuses ou organiques ; l’eau savonneuse peut les ternir ou s’y infiltrer, et le moindre acide les attaque. On les essuie au chiffon doux à peine humide, puis sec, en nettoyant la monture autour au coton-tige.
  • Se trempent brièvement, sans brosse insistante : l’émeraude, qui contient presque toujours des fissures naturelles comblées d’huile ou de résine. Le savon, la chaleur et les ultrasons peuvent vider ce comblement et faire réapparaître les fêlures.

Une pierre collée plutôt que sertie, fréquente sur les bijoux fantaisie et certaines perles, ne supporte pas non plus le trempage : l’eau tiède ramollit certaines colles. Des griffes métalliques visibles signalent un serti ; une pierre posée sans griffe est collée.

Les nettoyeurs à ultrasons vendus pour la maison nettoient remarquablement un or massif serti de diamants, mais leurs vibrations desserrent les griffes usées, fissurent les pierres fragiles et décollent ce qui est collé. On les réserve aux bijoux dont on connaît les pierres et dont le serti est en bon état.

Bicarbonate, dentifrice, vinaigre, javel : les produits qui abîment l’or

Le bicarbonate, le dentifrice et la levure chimique sont des abrasifs fins. Sur l’or, métal tendre, ils laissent un réseau de micro-rayures qui ternit le poli au lieu de le raviver, et ils usent un plaqué ou un rhodiage jusqu’au métal de base. Le sel, parfois proposé en mélange, a le même défaut.

Le vinaigre et le jus de citron n’attaquent pas l’or massif, mais ne dissolvent pas non plus le film gras qui le ternit. Ils rongent en revanche les perles, le corail, la nacre et les pierres calcaires. Leur seul usage défendable est un voile de calcaire laissé par une eau très dure, sur un bijou sans pierre fragile.

L’eau de Javel et les produits chlorés sont le vrai danger. Le chlore attaque les métaux d’alliage, et un contact répété, eau de piscine ou de spa comprise, peut fragiliser un or de faible titre jusqu’à la fissure d’un anneau ou la rupture d’une griffe. On retire ses bagues pour le ménage à la javel et pour nager.

L’ammoniaque, citée dans certaines recettes, ternit le cuivre de l’alliage et n’apporte rien de plus que l’eau savonneuse. Elle ne doit jamais croiser l’eau de Javel, même d’un bain à l’autre sans rinçage : leur mélange dégage des chloramines toxiques.

Or blanc jauni, plaqué usé, griffe aplatie : le bijoutier

Un or blanc qui jaunit a perdu une partie de son rhodium : il se fait rhodier de nouveau, ce qu’aucun produit ménager ne remplace. Un plaqué or qui laisse voir un métal gris ou rosé a perdu sa couche à cet endroit, et aucun polissage ne la rendra. Les rayures profondes, une griffe aplatie par des années de port ou une pierre qui bouge se montrent aussi au bijoutier : un nettoyage, surtout aux ultrasons, suffit parfois à faire tomber une pierre mal tenue.

Le meilleur entretien reste le plus simple : mettre ses bijoux après la crème et le parfum, les retirer pour le ménage, le sport et la piscine, et les ranger séparément pour qu’ils ne se rayent pas entre eux.

Avec les produits de cette page, ne mélangez jamais

  • Eau de Javel+Tout acide (vinaigre, détartrant, esprit de sel, acide citrique, nettoyant WC)→ dichlore gazeux

    L’hypochlorite en milieu acide libère le chlore sous forme de gaz. Odeur de piscine très concentrée, brûlure des voies respiratoires, œdème pulmonaire aux fortes doses. C’est le mélange le plus souvent fait par accident, parce que les deux produits sont voisins sous l’évier.

    Si c’est déjà arrivé :Sortir, ventiler, appeler le 15 en cas de toux ou d’oppression. Ne jamais tenter de neutraliser.

  • Tout acide, vinaigre inclus+Marbre, pierre calcaire, travertin, terre cuite, joint de ciment→ dissolution du carbonate de calcium

    La surface se dissout : elle devient mate, rugueuse, légèrement en creux. On appelle cela une gravure, et elle ne se rattrape qu’au reponçage. Le liant d’un joint de ciment se délite de la même façon.

  • Chaleur (eau chaude, fer, sèche-linge)+Tache de sang, d’œuf, de lait ou de transpiration→ coagulation

    La protéine se déplie puis se lie mécaniquement à la fibre. La tache brunit et devient définitive. C’est l’erreur la plus fréquente et la plus irréversible du détachage domestique, et elle est gratuite à éviter.

Questions fréquentes

Comment nettoyer un bijou en or rapidement ?

Faites-le tremper quelques minutes dans un bol d'eau tiède additionnée de quelques gouttes de liquide vaisselle, brossez doucement les recoins avec une brosse à dents souple, rincez dans un second bol d'eau claire, jamais au-dessus d'un évier ouvert, puis séchez au chiffon doux. Cela convient à l'or massif nu ou serti de pierres dures comme le diamant.

Le bicarbonate de soude nettoie-t-il l'or ?

Il le nettoie, mais il le raye. L'or est un métal tendre, et la poudre de bicarbonate, comme le dentifrice ou la levure, agit en abrasif fin qui laisse des micro-rayures et ternit le poli. Sur un plaqué or, il peut user la couche jusqu'au métal de base.

Pourquoi mon bijou en or noircit-il ?

L'or pur ne noircit pas. Ce sont les autres métaux de l'alliage, surtout le cuivre et l'argent, qui réagissent avec le soufre de l'air, de la transpiration ou de certains produits. Un or 9 carats, qui contient plus de métaux d'alliage qu'un or 18 carats, fonce donc plus vite.

Comment nettoyer un bijou en or et diamant ?

Le diamant supporte l'eau savonneuse : on brosse doucement le dessous de la pierre, où le gras s'accumule et ternit son éclat, puis on rince dans un bol. On vérifie au passage que les griffes tiennent la pierre ; une pierre qui bouge se montre au bijoutier avant tout nettoyage appuyé.

Comment nettoyer un bijou en or blanc ?

Comme un or jaune, à l'eau tiède savonneuse, sans abrasif. L'or blanc est presque toujours recouvert d'une fine couche de rhodium qui lui donne son éclat blanc ; frotter fort l'use plus vite. Quand un reflet jaune apparaît, le bijou se fait rhodier de nouveau chez un bijoutier.

Sources et méthode

  • Direction générale des douanes et droits indirects, garantie des métaux précieux : titres légaux de l'or (750, 585 et 375 millièmes), poinçons correspondants et dispense des ouvrages de moins de 3 grammes

Ce site n’a testé aucun produit et n’exerce aucune activité de nettoyage. Il publie des mécanismes physico-chimiques et leurs limites. Sur une pièce de valeur, un doute sur la matière ou une surface étendue, un professionnel reste la bonne réponse.