En bref
- Un coton-tige humide pressé sur le bord de la tache : s'il se colore, l'encre est à l'eau et part à l'eau froide savonneuse ; s'il reste blanc, il faut de l'alcool.
- On tamponne l'alcool (à 70° ou isopropylique) avec un absorbant sous le tissu ou un coton changé souvent sur une surface dure : jamais de frottement, jamais de versement.
- La surface fixe la limite : pas d'alcool fort sur un vernis ou un cuir sans essai, pas de citron ni de vinaigre sur un marbre, pas d'acétone sur un plastique.
- L'eau de Javel retire l'encre et la couleur du support avec elle : elle ne se pose que sur un coton blanc, jamais enchaînée sans rinçage avec l'ammoniaque ou un acide.
Une tache d’encre s’enlève avec le liquide qui l’a portée : de l’eau pour une encre à l’eau, de l’alcool pour une encre à solvant, et un coton-tige humide fait le tri en trente secondes. Ensuite, c’est la surface qui décide de la méthode : un tissu se traite sur un absorbant, un bois verni se tamponne à peine, un marbre ne voit jamais d’acide. On tamponne toujours, on ne frotte jamais : frotter une encre liquide l’étale sur une surface deux ou trois fois plus grande.
Stylo bille, feutre, plume ou imprimante : quelle encre a taché ?
Toutes les encres ont la même architecture : une matière colorante, un liquide qui la transporte et s’évapore, et des résines ou des humectants qui règlent le séchage. C’est le liquide qui commande le retrait. Une encre dont le véhicule était l’eau reste sensible à l’eau ; une encre dont le véhicule était un alcool ou un glycol ne revient qu’avec un solvant de même nature.
| Encre | Véhicule le plus courant | Premier essai |
|---|---|---|
| Stylo plume, encre de cartouche | Eau | Eau froide et savon, puis alcool si un fond reste |
| Feutre lavable, feutre d’écolier | Eau | Eau froide et savon |
| Stylo bille | Pâte grasse à base de glycols et de résines | Alcool, sur un absorbant |
| Stylo gel, roller | Eau, souvent avec pigments | Eau savonneuse, puis alcool |
| Marqueur permanent, surligneur à alcool | Alcools et résines | Alcool, puis acétate d’éthyle sur matière tolérante |
| Imprimante jet d’encre | Eau (colorant ou pigment) | Eau froide si frais ; alcool ensuite |
| Toner laser | Poudre thermoplastique, sans liquide | Aspirer ou secouer à sec ; jamais d’eau chaude |
Le cas du stylo bille est à part : sa pâte grasse et ses résines changent les priorités, et la page tache de stylo bille sur un tissu les détaille. Le toner, lui, n’est pas une encre du tout : c’est une poudre qui fond à la chaleur, et l’eau chaude la colle à la fibre.
Quand on ignore la provenance, le test du coton humide tranche. On humecte un coton-tige d’eau claire et on le presse une seconde sur le bord de la marque. S’il se colore, l’encre est à l’eau et l’on n’a besoin d’aucun solvant. S’il reste blanc, on passe à l’alcool, toujours en commençant par le moins agressif.
Tamponner sur un absorbant : le geste qui vaut pour toutes les surfaces
Un solvant ne fait pas disparaître l’encre : il lui rend la mobilité qu’elle avait au moment où elle a coulé. Cette encre redevenue liquide doit aller quelque part, et si rien ne l’attend, elle part vers les côtés. C’est ainsi qu’une tache traitée sans précaution s’agrandit et laisse une auréole plus pâle mais plus large.
Sur un textile, on glisse du papier absorbant sous la tache et l’on tamponne l’alcool par-dessus, en remplaçant l’absorbant dès qu’il se colore. Sur une surface dure, on travaille au coton-tige ou au coton, du bord vers le centre, et l’on change de coton à chaque passage. Dans les deux cas, on dose goutte à goutte : verser le solvant revient à diluer l’encre dans une flaque plus grande.
Les solvants de cette page sont inflammables. L’INRS classe l’acétone et l’acétate d’éthyle parmi les liquides très inflammables, et l’alcool isopropylique comme l’éthanol prennent feu facilement. Fenêtre ouverte, aucune flamme ni cigarette, quelques millilitres sur un coton plutôt qu’au flacon, et des gants si la séance dure.
La tache d’encre, surface par surface
Sur un vêtement ou un tissu lavable, la méthode suit le test : eau froide et savon pour une encre à l’eau, alcool sur absorbant pour les autres, puis lavage normal. On ne passe ni au sèche-linge ni au fer tant que la tache n’a pas disparu, car la chaleur fixe ce qui reste. Le pas-à-pas complet, fibre par fibre, est sur enlever une tache d’encre sur un vêtement.
Sur un canapé, un tapis ou un matelas, l’absorbant ne peut pas aller dessous, et c’est la mousse qui recevrait l’encre dissoute. On tamponne donc avec très peu d’alcool, un coton propre à chaque passage, et l’on éponge aussitôt avec un chiffon sec. Un rinçage à l’eau abondante formerait une auréole de séchage plus visible que le trait de stylo. Sur une housse amovible, on la retire et on la traite comme un vêtement.
Sur un meuble en bois, tout dépend de la finition. Un bois verni, vitrifié ou laqué porte l’encre sur un film : un coton à peine humide d’alcool, tamponné brièvement, l’enlève, mais l’alcool ternit certains vernis, d’où l’essai sur une face cachée. Un bois brut ou simplement huilé a bu l’encre dans ses fibres : le solvant l’y suit, et seul un ponçage léger, dans le sens du fil, la retire vraiment.
Sur un cuir, la plupart des canapés et des sacs portent une finition pigmentée, c’est-à-dire une peinture de quelques microns. L’alcool la dissout autant que l’encre et laisse une zone décolorée. On tamponne à peine, sur un coton-tige, et l’on s’arrête dès que le coton prend la couleur du cuir. Sur un cuir aniline ou un daim, qui boivent tout, on ne pose aucun liquide : c’est un travail de professionnel.
Sur un mur peint, une peinture lessivable accepte un chiffon humide de liquide vaisselle, puis une touche d’alcool en tamponnant. Une peinture mate ne supporte aucun frottement : elle se lustre, et l’on obtient une tache brillante à la place d’une tache bleue. Une retouche de peinture est souvent la solution la plus propre.
Sur un plastique, l’alcool isopropylique est le seul solvant sûr de la famille. L’acétone et l’acétate d’éthyle dissolvent l’ABS, le plexiglas, le polycarbonate et le polystyrène ; ils ne tachent pas, ils voilent et fissurent. Le cas le plus fréquent, le marqueur permanent, est traité sur enlever du marqueur sur du plastique.
Sur un marbre ou une pierre calcaire, l’encre a été aspirée par la porosité. Un traitement de surface la dilue en profondeur, et elle remonte en séchant. On travaille en cataplasme : un absorbant imbibé d’alcool posé sur la tache et laissé sécher, pour que le liquide remonte en emportant le colorant. Le citron et le vinaigre, souvent cités, sont à exclure : ce sont des acides, et ils dissolvent le carbonate de calcium dont la pierre est faite, laissant une marque mate définitive.
Sur la peau, aucune urgence : l’encre part d’elle-même avec le renouvellement de la couche cornée, et les solvants dessèchent la peau sans bénéfice. Les gestes doux, savon, huile et brosse souple, sont réunis sur enlever de l’encre sur les mains.
Lait, citron, laque, javel : ce que font vraiment ces remèdes
Le lait apparaît dans presque toutes les listes. Sur une encre fraîche à l’eau, il agit surtout parce qu’il est composé d’eau ; sur une pâte de stylo bille, il ne dissout pas les résines. Il ajoute en plus une matière grasse et des protéines qu’il faudra laver. C’est un remède de dépannage, pas une méthode.
La laque à cheveux a longtemps marché pour une raison simple : sa formule contenait de l’alcool. Elle dépose aussi une résine collante, qu’on doit ensuite retirer. Un flacon d’alcool fait la même chose sans le dépôt.
Le citron a une logique réelle sur une encre ancienne : les encres ferro-galliques, à base de sels de fer, réagissent aux acides. Les encres modernes sont presque toutes à colorants ou à pigments, et l’acide ne fait rien de plus que l’eau. Sur un marbre, une pierre calcaire ou un joint de ciment, il attaque le support.
L’eau de Javel retire l’encre en cassant ses colorants, et elle casse aussi ceux du tissu. Elle n’a sa place que sur un coton ou un lin blancs, diluée, sur une encre déjà allégée par l’alcool. Elle ne se mélange jamais à l’ammoniaque, qui dégage des chloramines, ni à un acide comme le citron ou le vinaigre, qui libère du chlore : entre deux produits, on rince abondamment. La liste complète de ces mélanges est sur la page de sécurité.
La tache d’encre ancienne, déjà sèche ou déjà lavée
Une encre sèche depuis des semaines s’est resserrée contre la fibre ou contre le support, et le solvant l’atteint mal. La glycérine, présente d’ailleurs dans beaucoup d’encres comme humectant, sert de préalable : appliquée sur la tache et laissée poser, elle réhydrate le dépôt et lui rend sa mobilité. On la rince à l’eau tiède, puis on reprend la méthode habituelle, alcool et absorbant.
Une tache passée en machine puis au sèche-linge est plus difficile, parce que la chaleur a fixé la résine. On peut encore gagner un éclaircissement à l’alcool et, sur un coton blanc, un oxydant doux comme le percarbonate de sodium dans une eau à la température que tolère l’étiquette. Sur une couleur ou une fibre délicate, l’ombre qui reste est souvent le meilleur résultat possible : insister retirerait la teinture avant l’encre.
Encre sur les sept classes de matières
Encre relève de la classe COL — colorants en solvant. Le tableau ci-dessous résume, pour chacune des sept classes de matières du site, ce qui agit et ce qui détruit ; le détail de chaque geste est sur les pages de matière.
Fibre cellulosique M2 porosité forte
Ce qui agit sans abîmer
- Alcool à brûler ou à 90°
- Alcool isopropylique
- Dissolvant sans acétone
- Acétone
- Liquide vaisselle
- Percarbonate de sodium
- Ammoniaque diluée
Sous condition
Rien de conditionnel ici.
Agit, mais détruit
Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.
Minéral vitrifié et métal M5 porosité nulle
Ce qui agit sans abîmer
- Alcool à brûler ou à 90°
- Alcool isopropylique
- Dissolvant sans acétone
- Acétone
- Liquide vaisselle
- Percarbonate de sodium
- Ammoniaque diluée
Sous condition
Rien de conditionnel ici.
Agit, mais détruit
Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.
Synthétique thermoplastique M3 porosité nulle
Ce qui agit sans abîmer
- Liquide vaisselle
- Percarbonate de sodium
- Ammoniaque diluée
Sous condition
- Alcool à brûler ou à 90°
- Alcool isopropylique
Agit, mais détruit
- Dissolvant sans acétone
- Acétone
Minéral poreux M4 porosité forte
Ce qui agit sans abîmer
- Alcool à brûler ou à 90°
- Alcool isopropylique
- Dissolvant sans acétone
- Acétone
- Liquide vaisselle
- Percarbonate de sodium
- Ammoniaque diluée
Sous condition
Rien de conditionnel ici.
Agit, mais détruit
Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.
Fibre protéique M1 porosité forte
Ce qui agit sans abîmer
- Alcool à brûler ou à 90°
- Alcool isopropylique
- Dissolvant sans acétone
- Liquide vaisselle
Sous condition
- Acétone
- Ammoniaque diluée
Agit, mais détruit
- Percarbonate de sodium
Revêtement et film M6 porosité nulle
Ce qui agit sans abîmer
- Liquide vaisselle
- Percarbonate de sodium
- Ammoniaque diluée
Sous condition
- Alcool isopropylique
Agit, mais détruit
- Alcool à brûler ou à 90°
- Dissolvant sans acétone
- Acétone
Peau vivante M7 porosité faible
Ce qui agit sans abîmer
- Alcool isopropylique
- Dissolvant sans acétone
- Liquide vaisselle
- Percarbonate de sodium
- Ammoniaque diluée
Sous condition
- Alcool à brûler ou à 90°
Agit, mais détruit
- Acétone
Ce qui aggrave la tache
- Eau froide
- Action mécanique
Ce qui ne sert à rien
- Vinaigre blanc
Colonnes établies à partir de la classification publiée sur la page méthode.
Avec les produits de cette page, ne mélangez jamais
Eau de Javel+Tout acide (vinaigre, détartrant, esprit de sel, acide citrique, nettoyant WC)→ dichlore gazeux
L’hypochlorite en milieu acide libère le chlore sous forme de gaz. Odeur de piscine très concentrée, brûlure des voies respiratoires, œdème pulmonaire aux fortes doses. C’est le mélange le plus souvent fait par accident, parce que les deux produits sont voisins sous l’évier.
Si c’est déjà arrivé :Sortir, ventiler, appeler le 15 en cas de toux ou d’oppression. Ne jamais tenter de neutraliser.
Eau de Javel+Alcool (éthanol, isopropanol, alcool à brûler)→ chloroforme et chlorure d’hydrogène
L’hypochlorite chlore l’alcool. Le chloroforme est narcotique et hépatotoxique ; le chlorure d’hydrogène est un gaz corrosif. Le mélange se produit sans qu’on y pense, en désinfectant à la javel une surface déjà essuyée à l’alcool.
Si c’est déjà arrivé :Ventiler et quitter la pièce. Rincer abondamment à l’eau claire seulement une fois la pièce aérée.
Eau de Javel+Acétone→ chloroforme et chloroacétone
Réaction exothermique. La chloroacétone est un lacrymogène ; le chloroforme est toxique pour le foie. Cas typique : un flacon de dissolvant renversé sur un plan de travail qu’on vient de javelliser.
White-spirit, térébenthine, acétone, alcool à brûler, essence F, solvant aux agrumes+Local fermé, flamme, cigarette→ vapeurs inflammables
Ces solvants sont inflammables — l’acétone dès −18 °C (INRS, fiche toxicologique FT 3) — et leurs vapeurs, plus lourdes que l’air, s’accumulent au sol d’une salle de bain ou d’un garage. Une veilleuse de chaudière suffit. Travailler fenêtre ouverte, loin de toute flamme, et laisser sécher dehors, à plat, les chiffons imbibés. L’inhalation prolongée est par ailleurs neurotoxique.
Questions fréquentes
Quel produit enlève une tache d'encre ?
L'alcool, à 70° ou isopropylique, dissout la plupart des encres de stylo et de marqueur. Une encre à l'eau — feutre lavable, encre de plume, jet d'encre frais — part déjà à l'eau froide et au savon. L'acétone n'est qu'un dernier recours, sur une matière qui la tolère.
Comment enlever une tache d'encre ancienne ?
On commence par réhydrater le dépôt avec un peu de glycérine, laissée poser, puis rincée à l'eau tiède : elle redonne au colorant la mobilité qu'il a perdue en séchant. On passe ensuite à l'alcool, en tamponnant sur un absorbant. Sur un coton blanc, un oxydant doux peut finir le travail.
Comment enlever une tache d'encre sur un meuble en bois ?
Sur un bois verni ou vitrifié, l'encre est restée sur le film : un coton à peine imbibé d'alcool, tamponné brièvement, après essai sur une face cachée, car l'alcool ternit certains vernis. Sur un bois brut, l'encre a pénétré les fibres et ne s'enlève souvent qu'au ponçage léger.
Le lait enlève-t-il vraiment l'encre ?
Sur une encre à l'eau fraîche, il aide surtout parce qu'il est fait d'eau ; sur une encre de stylo bille, il ne dissout pas les résines. Il laisse en plus une matière grasse et protéique qu'il faut laver. L'alcool fait mieux et plus vite.
Comment enlever une tache d'encre sur un mur ?
Sur une peinture lessivable, un chiffon humide de liquide vaisselle, puis une touche d'alcool sur un coton si l'encre résiste, en tamponnant. Sur une peinture mate, tout frottement lustre le mur : on accepte une ombre ou l'on fait une retouche de peinture.
Sources et méthode
- INRS, fiche toxicologique FT 66 — Propan-2-ol (alcool isopropylique)
- INRS, fiche toxicologique FT 48 — Éthanol
- INRS, fiche toxicologique FT 3 — Acétone (mise à jour octobre 2018) : H225, liquide et vapeurs très inflammables ; EUH066, dessèchement de la peau
- INRS, fiche toxicologique FT 157 — Eaux et extraits de Javel, hypochlorite de sodium en solution (mise à jour septembre 2017) : dégagement de chlore au contact d'un acide
- Composition des encres : colorants ou pigments, véhicule aqueux ou organique, résines et humectants (glycols, glycérine)
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