En bref

  • Premier essai : un coton imbibé d'alcool à 70° ou d'alcool isopropylique, posé cinq secondes sur la marque puis essuyé d'un geste, deux ou trois fois.
  • Sans alcool : repasser toute la marque au feutre pour tableau blanc, attendre deux ou trois secondes, essuyer à sec.
  • Ni acétone ni dissolvant sur un plastique rigide ou transparent : ABS, plexiglas, polycarbonate et polystyrène blanchissent ou se fissurent.
  • Dentifrice et gomme magique enlèvent la trace en usant la surface : acceptables sur un plastique mat, à proscrire sur un brillant ou un transparent.

Pour enlever du marqueur permanent sur du plastique, un coton imbibé d’alcool à 70° ou d’alcool isopropylique suffit dans la plupart des cas : posé quelques secondes sur la marque, il redissout l’encre, qui part en deux ou trois passages. À défaut, le feutre pour tableau blanc repassé sur la marque puis essuyé à sec fait le même travail sur une surface lisse. L’erreur à éviter est l’acétone, qui attaque la plupart des plastiques rigides avant l’encre.

L’alcool, la seule méthode à essayer en premier

Le mot « permanent » veut dire résistant à l’eau, pas indélébile. L’encre a été déposée par un solvant alcoolique, et un alcool la remet en solution. C’est ce que recommande edding, qui fabrique ces marqueurs : éthanol, alcool méthylique ou isopropanol, sur une surface lisse et non poreuse, après essai dans un coin peu visible. L’alcool ménager à 70° du supermarché, l’alcool à 90° de pharmacie et l’alcool isopropylique vendu pour l’électronique conviennent tous.

Ces liquides sont inflammables. On en met sur un coton, on referme le flacon aussitôt, on travaille loin d’une flamme ou d’une plaque chaude, fenêtre ouverte, et les cotons sèchent à l’air libre avant d’aller à la poubelle.

  1. Imbiber le coton, jamais la pièce. Un liquide versé file dans les clips et autour des vis, là où le plastique est sous tension et où un solvant fait le plus de dégâts.
  2. Poser le coton cinq secondes sans frotter, le temps que l’alcool traverse l’encre.
  3. Essuyer d’un seul geste avec une partie propre. Un mouvement circulaire étale l’encre redissoute au lieu de la retirer.
  4. Recommencer deux ou trois fois. Sur un plastique lisse et une marque récente, il ne reste rien.
  5. Brosser le grain si le plastique est texturé, avec une brosse à dents souple trempée dans l’alcool : l’encre logée au creux du grain ne part pas au coton.
  6. Laver à l’eau et au liquide vaisselle, puis sécher. C’est obligatoire sur une boîte alimentaire, un biberon ou un jouet qui passe par la bouche.

Le gel hydroalcoolique et la laque pour cheveux font le même effet parce qu’ils sont faits surtout d’alcool. Ils laissent en revanche de la glycérine pour l’un, des résines fixantes pour l’autre : un bon dépannage, à rincer.

Pas d’alcool sous la main : le feutre pour tableau blanc

On repasse un feutre effaçable sur toute la marque permanente, en débordant un peu, on attend deux ou trois secondes et on essuie d’un geste avec un essuie-tout sec. L’encre effaçable est portée par un solvant qui redissout la permanente, et elle contient un agent antiadhérent qui l’empêche d’adhérer au support. Les deux encres partent ensemble, sans mouiller la pièce.

Une seconde passe efface la trace pâle qui peut subsister, et un coup de nettoyant pour vitres retire les derniers traits d’effaçable. C’est la méthode à privilégier sur un plastique fragile, parce qu’elle n’expose la surface qu’à une quantité infime de solvant.

Elle a deux limites. Sur un plastique grainé, mat ou rayé, la pointe du feutre ne descend pas au fond des creux où l’encre s’est logée. Et sur une marque ancienne restée au soleil, le colorant a migré dans la couche superficielle du plastique : il n’y a plus d’encre en surface à redissoudre.

Dentifrice, gomme magique, huile essentielle : ce que fait chaque astuce

Les recettes qui circulent n’agissent pas toutes de la même façon, et c’est le mécanisme qui dit sur quel plastique elles sont permises.

AstuceComment elle agitSur quel plastique
Alcool à 70°, isopropyliqueRedissout l’encrePresque tous, après essai sur le polystyrène
Feutre effaçableRedissout et décolle l’encrePlastiques lisses
Gel hydroalcoolique, laqueAlcool, plus un résidu collantPlastiques lisses, à rincer
Huile essentielle d’agrume ou d’eucalyptusSolvant terpénique, film grasPas sur le polystyrène, que le limonène attaque
Dentifrice, pâte de bicarbonateAbrasion de la surfacePlastiques mats ou grainés seulement
Gomme magique (mousse de mélamine)Abrasion finePlastiques mats ; elle mate un brillant
Acétone, dissolvantDissout l’encre et le plastiquePolyéthylène et polypropylène seulement

Les deux abrasifs méritent une précision. Ils n’enlèvent pas l’encre : ils usent une fine épaisseur de plastique, et l’encre part avec. Sur un bac de rangement texturé, une gomme magique humide passée sans appuyer ne change pas l’aspect. Sur une coque brillante ou un couvercle transparent, elle laisse une plage terne, dans la matière cette fois, et définitive. On essaie donc sur une face cachée et on s’arrête dès que la surface change de reflet. Le détail du mode d’action de chaque produit figure sur la page des agents.

Le chiffre moulé sous la pièce dit quel produit elle supporte

La famille de plastique est moulée dans un petit triangle, sous le fond d’une boîte, à l’intérieur d’un couvercle ou d’un capot. Ce chiffre vaut mieux que n’importe quelle recette, parce qu’il dit ce que la pièce tolère.

CodePlastique et objets courantsAlcoolAcétone, dissolvant
2, 4Polyéthylène : bidons, jouets souples, bacsOuiTolérée
5Polypropylène : boîtes alimentaires, seaux, chaises de jardinOuiTolérée
3PVC : fenêtres, classeurs, tuyaux, nappesOuiNon, elle le ramollit
6Polystyrène : boîtiers de CD, pots de yaourt, cintresContact brefNon, elle le dissout
7 / ABSCoques d’appareils, briques de jeu, jouets rigidesOui, contact brefNon, elle le dissout
7 / PC, PMMAPolycarbonate, plexiglas : visières, protectionsAprès essai cachéNon, elle le fissure

Sans code lisible, une goutte du produit sur une face cachée et dix minutes d’attente avant de regarder en lumière rasante tranchent. Un voile blanc, une zone collante ou un réseau de craquelures fines interdisent la suite. Le délai compte, parce qu’un plastique rigide se fissure sous solvant à retardement, autour d’une vis ou d’un angle moulé, là où il est sous tension. C’est aussi pourquoi le dissolvant « sans acétone » ne règle rien : il contient d’autres solvants tout aussi agressifs pour ces plastiques. L’acétone mélangée à l’eau de Javel forme en outre des composés toxiques, comme le détaille la page sécurité. D’autres taches sur cette matière sont réunies sur la page plastique.

Marqueur peinture, vieux plastique rayé, visière : les cas qui changent la réponse

Un marqueur peinture n’est pas un marqueur permanent. Son encre est une laque pigmentée qui sèche en film, et l’alcool la ramollit à peine. edding indique pour ces marqueurs un nettoyant à base de benzine, c’est-à-dire un solvant pétrolier. Le white-spirit en est un, bien toléré par la plupart des plastiques courants ; il est aussi inflammable, et il se rince ensuite au liquide vaisselle.

Un plastique usé ne rend jamais une surface parfaite. Le soleil, le lave-vaisselle et les frottements ont ouvert des microrayures où l’encre s’est logée, et le solvant nettoie le dessus sans atteindre le fond. Deux ou trois passages d’alcool, puis on accepte une ombre légère : aller plus loin oblige à abraser, et la zone abrasée se voit davantage que la marque. Un plastique déjà jauni ou craquelé absorbe le solvant plus vite et blanchit, raison de plus pour s’en tenir au feutre effaçable.

Une impression sur le plastique — logo, graduation, marquage de touches — est un film de quelques microns, plus fragile que le support. L’alcool l’enlève parfois avant l’encre du marqueur : on contourne au coton-tige.

Un tableau de bord, une visière ou un hublot imposent de s’arrêter plus tôt. Sur le tableau de bord, l’alcool lustre le grain et laisse une zone brillante en plein soleil. Sur une visière de casque ou un écran de protection, un voile ou une microfissure rendent la pièce inutilisable : mieux vaut garder la marque que risquer la pièce. Un écran de téléphone se traite autrement, sur la page tache sur un écran.

Le marqueur a aussi taché les doigts ? La peau se nettoie sans solvant fort, voir enlever de l’encre sur les doigts. Pour une étiquette ou un reste d’adhésif sur le même objet, voir enlever de la colle sur du plastique.

Encre : ce qui agit et ce qui détruit, matière par matière

« Encre » relève de la classe COL — colorants en solvant. « Plastique » recouvre 2 classes de matière, et le verdict change de l’une à l’autre.

Synthétique thermoplastique M3 porosité nulle

Ce qui agit sans abîmer

  • Liquide vaisselle tensioactif anionique
  • Percarbonate de sodium oxygène actif
  • Ammoniaque diluée hydroxyde d’ammonium

Sous condition

  • Alcool à brûler ou à 90° Fissure le polystyrène et voile le polycarbonate en exposition prolongée. Bref contact, chiffon à peine humide.
  • Alcool isopropylique Le solvant le plus sûr de la famille sur les plastiques techniques, mais il attaque encore certains vernis et sérigraphies.

Agit, mais détruit

  • Dissolvant sans acétone Même famille de solvants, même risque sur les mêmes plastiques, en un peu plus lent.
  • Acétone Elle dissout l’ABS, le polycarbonate, le plexiglas, l’acétate et le polystyrène. Elle ne les tache pas : elle les troue, les blanchit ou les fissure.

Revêtement et film M6 porosité nulle

Ce qui agit sans abîmer

  • Liquide vaisselle tensioactif anionique
  • Percarbonate de sodium oxygène actif
  • Ammoniaque diluée hydroxyde d’ammonium

Sous condition

  • Alcool isopropylique Dilué à 30 %, sur chiffon, pour un écran ou un stratifié. Jamais versé, jamais sur un joint.

Agit, mais détruit

  • Alcool à brûler ou à 90° Détruit l’oléophobe d’un écran — la couche qui repousse les traces de doigt — et ternit les vernis à bois.
  • Dissolvant sans acétone Même effet que l’acétone sur les vernis, à peine plus lent.
  • Acétone Dissout tout vernis et toute peinture, y compris celle qu’on essaie de protéger. Sur une carrosserie, elle mate le vernis en quelques secondes.

Ce qui aggrave la tache

  • Eau froide L’eau ne dissout pas le colorant mais elle le transporte : la tache s’étale sans s’éclaircir.
  • Action mécanique Frotter un colorant liquide multiplie la surface tachée par deux ou trois.

Ce qui ne sert à rien

  • Vinaigre blanc Rien à attaquer : le colorant n’est ni un carbonate ni un oxyde.

Colonnes établies à partir de la classification publiée sur la page méthode.

Avec les produits de cette page, ne mélangez jamais

  • Eau de Javel+Alcool (éthanol, isopropanol, alcool à brûler)→ chloroforme et chlorure d’hydrogène

    L’hypochlorite chlore l’alcool. Le chloroforme est narcotique et hépatotoxique ; le chlorure d’hydrogène est un gaz corrosif. Le mélange se produit sans qu’on y pense, en désinfectant à la javel une surface déjà essuyée à l’alcool.

    Si c’est déjà arrivé :Ventiler et quitter la pièce. Rincer abondamment à l’eau claire seulement une fois la pièce aérée.

  • Eau de Javel+Acétone→ chloroforme et chloroacétone

    Réaction exothermique. La chloroacétone est un lacrymogène ; le chloroforme est toxique pour le foie. Cas typique : un flacon de dissolvant renversé sur un plan de travail qu’on vient de javelliser.

  • White-spirit, térébenthine, acétone, alcool à brûler, essence F, solvant aux agrumes+Local fermé, flamme, cigarette→ vapeurs inflammables

    Ces solvants sont inflammables — l’acétone dès −18 °C (INRS, fiche toxicologique FT 3) — et leurs vapeurs, plus lourdes que l’air, s’accumulent au sol d’une salle de bain ou d’un garage. Une veilleuse de chaudière suffit. Travailler fenêtre ouverte, loin de toute flamme, et laisser sécher dehors, à plat, les chiffons imbibés. L’inhalation prolongée est par ailleurs neurotoxique.

  • Acétone, acétate d’éthyle, solvant chloré+ABS, polycarbonate, plexiglas, polystyrène, acétate→ fissuration sous contrainte

    Le solvant s’insinue entre les chaînes du polymère. Là où la pièce est sous tension — un angle, une vis, un clip — il apparaît un réseau de microfissures qui blanchit, puis casse. La pièce peut se rompre des semaines après le contact.

Questions fréquentes

Quel produit enlève le marqueur permanent sur du plastique ?

L'alcool : alcool ménager à 70°, alcool à 90° de pharmacie ou alcool isopropylique, porté sur un coton et non versé sur la pièce. Le fabricant edding indique lui-même l'éthanol ou l'isopropanol sur une surface lisse. Deux ou trois passages suffisent en général.

Peut-on mettre du dissolvant ou de l'acétone sur du plastique ?

Sur la plupart des plastiques rigides, non. L'acétone attaque l'ABS, le polystyrène, le plexiglas et le polycarbonate : la surface blanchit, colle ou se microfissure, parfois des semaines plus tard. Le dissolvant « sans acétone » contient d'autres solvants qui posent le même problème.

L'astuce du feutre effaçable marche-t-elle vraiment ?

Oui, sur un plastique lisse et sur une marque récente. Le solvant du feutre pour tableau blanc redissout l'encre permanente, et son agent antiadhérent l'empêche de se refixer : on essuie les deux encres ensemble. Sur un plastique grainé ou rayé, elle laisse une ombre.

Comment enlever du marqueur sur du plexiglas ou un plastique transparent ?

En restant sur les méthodes douces : eau savonneuse, feutre effaçable, puis alcool en contact bref après essai dans un coin. Le plexiglas et le polycarbonate se voilent ou se fissurent au contact d'un solvant fort, et la moindre rayure s'y voit, donc ni acétone ni abrasif.

Les huiles essentielles enlèvent-elles le marqueur ?

Les huiles d'agrumes et d'eucalyptus contiennent des solvants qui redissolvent l'encre, mais elles laissent un film gras à laver ensuite. Sur du polystyrène, le limonène des agrumes attaque le plastique lui-même : on les évite sur un boîtier de CD, un pot ou une pièce en polystyrène.

Sources et méthode

  • edding, FAQ « Comment retirer le marqueur permanent du plastique ? » : éthanol, alcool méthylique ou isopropanol sur surface lisse et non poreuse, nettoyant à base de benzine pour les marqueurs peinture, essai préalable sur une zone peu visible
  • INRS, fiche toxicologique FT 66 — Alcool isopropylique (inflammabilité)
  • Codes d'identification des résines (triangle numéroté de 1 à 7) moulés sur les pièces plastiques

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