En bref

  • Laisser la cire durcir, la passer au froid, puis casser et soulever l'excédent à la spatule : on retire le volume sans jamais le faire fondre.
  • Le film qui reste dans la trame se fait fondre dans du papier absorbant, avec un fer sans vapeur au réglage permis par l'étiquette. On arrête quand un papier neuf ressort propre.
  • Une bougie colorée laisse une tache de colorant après la cire : elle part à l'alcool tamponné, avec un buvard dessous, pas à la chaleur.
  • Pas de fer sur un tissu marqué « ne pas repasser », ni sur une zone qui porte aussi du vin ou une sauce : on traite d'abord la tache alimentaire, à froid.

La cire de bougie s’enlève d’un vêtement en deux temps opposés : le froid d’abord, pour casser l’excédent en plaques sans le faire fondre, puis la chaleur douce d’un fer à travers du papier absorbant, pour aspirer le film resté dans la trame. Il reste souvent ensuite une tache colorée, parce que le colorant de la bougie ne fond pas avec la paraffine. Elle se traite à part, à l’alcool.

Une tache qui n’est collée à rien

Une bougie ordinaire est faite de paraffine, un mélange d’hydrocarbures solides sans fonction chimique réactive. Les cires végétales, de soja ou de colza, se comportent de façon proche. Il ne se passe rien de chimique entre la cire et le tissu.

Sa tenue est purement physique. La cire liquide a coulé dans la trame puis a figé sur place, comme un moulage encastré entre les fils. C’est ce qui rend le retrait propre quand on s’y prend dans l’ordre, et très salissant dans le cas contraire.

Deux états de la cire servent. Froide, elle devient cassante, et un relief sorti du congélateur se fracture au lieu de s’écraser. Fondue, elle redevient liquide et migre par capillarité vers tout ce qui est plus fin que le tissu, comme un papier absorbant. Le retrait exploite les deux, l’un après l’autre.

Excédent, film, couleur : la méthode complète sur coton ou lin

  1. Attendre que la cire soit dure. Une cire encore molle s’étale à chaque geste et pénètre plus profond.
  2. Passer au froid. Le vêtement plié dans un sac, une heure au congélateur, ou un glaçon dans un sachet posé une dizaine de minutes sur une pièce qui ne rentre pas.
  3. Casser et soulever l’excédent. Pliez le tissu pour faire éclater la plaque, puis soulevez les morceaux à la spatule en bois ou en plastique, jamais avec une lame d’acier qui coupe les fils. Ce qui reste est un voile translucide : c’est normal.
  4. Faire fondre le film dans du papier absorbant. Deux épaisseurs de papier non imprimé dessous, deux dessus. Fer sans vapeur, au réglage autorisé par l’étiquette. Appuyez sans glisser quelques secondes, déplacez le papier, recommencez sur une partie propre. Arrêtez quand un papier neuf ne se tache plus : un papier saturé redépose la cire.
  5. Traiter la couleur si la bougie était teintée (section suivante).
  6. Dégraisser, puis laver. Une goutte de liquide vaisselle pur sur la zone, quelques minutes, puis lavage à la température de l’étiquette. Vérifiez sur tissu humide avant tout séchage en machine : l’humidité révèle le halo gras que la chaleur fixerait.

L’ordre des étapes 4 et 5 ne se discute pas. Tant qu’il reste de la cire, elle forme une barrière qui empêche l’alcool d’atteindre le colorant.

Fer à un, deux ou trois points : ce que l’étiquette autorise

La norme d’étiquetage d’entretien (NF EN ISO 3758, système GINETEX) fixe la température maximale de la semelle selon le nombre de points dans le symbole du fer. C’est le bon repère pour l’étape 4.

Symbole sur l’étiquetteTempérature maximaleFibres concernées le plus souventMéthode pour la cire
Fer à trois points200 °CCoton, linFer au réglage le plus bas, papier dessus et dessous
Fer à deux points150 °CLaine, polyester, mélangesFer doux, papier épais, passages très courts
Fer à un point110 °CAcrylique, polyamide, soie, viscose fragileFer au minimum à travers un linge, ou pas de fer
Fer barréNe pas repasserÉlasthanne, tissus enduits, certains synthétiquesFroid uniquement, puis liquide vaisselle

La cire fond bien en dessous de la plus basse de ces températures. Inutile donc de pousser le fer : le réglage minimal suffit toujours à la faire fondre, et un fer trop chaud lustre le synthétique sans aller plus vite.

Sur un tissu marqué « ne pas repasser », l’étape 4 disparaît. On la remplace par un second passage au froid, un grattage patient, puis du liquide vaisselle pur laissé agir sur le film avant un lavage à la température de l’étiquette. Le résultat est plus lent et parfois moins net, mais la pièce reste intacte. Les symboles de l’étiquette sont expliqués en détail sur la page des symboles d’entretien.

Bougie colorée : la tache qui reste après la cire

Le colorant d’une bougie est soluble dans les corps gras, pas dans l’eau, et la chaleur ne l’enlève pas : elle l’enfonce. Il se dissout en revanche dans l’alcool.

Tamponnez la zone avec de l’alcool à brûler ou de l’alcool isopropylique, par petites touches, avec un buvard placé sous le tissu pour recevoir le colorant remis en solution. Sans ce buvard, on repousse le colorant plus loin au lieu de l’extraire. Faites d’abord un essai sur une couture intérieure : l’alcool peut aussi déplacer la teinture d’un vêtement de couleur.

Ces deux alcools sont très inflammables et leurs vapeurs s’enflamment à température ambiante (INRS, FT 48 et FT 66). Fenêtre ouverte, aucune bougie allumée à proximité, ce qui est le piège de cette tache, fer débranché et refroidi avant cette étape, gants, et tampon usagé séché dehors avant d’être jeté.

Sur un coton blanc, un trempage au percarbonate de sodium casse souvent mieux la couleur que l’alcool. Gants : la poudre est corrosive pour les yeux. Une bougie très colorée tombée sur un textile clair peut laisser une ombre après tout cela. La cire chaude a servi de véhicule au colorant, comme une teinture : on éclaircit, on ne promet pas d’effacer.

Bougie sur une nappe tachée de vin ou de sauce

Une nappe de fin de repas porte souvent deux taches au même endroit : de la cire et du vin, ou de la cire et une sauce. Leurs régimes sont contraires. La cire demande de la chaleur, le tanin du vin et la protéine d’une sauce la refusent, parce que la chaleur les fixe.

On retire donc le relief de cire à froid, on traite entièrement la tache alimentaire à l’eau froide, et l’on ne passe le fer qu’une fois celle-ci partie. Faire l’inverse fixe le vin définitivement. La méthode pour le vin est détaillée sur la page du vin, et le dégraissage de ce qui reste d’huileux sur celle de la tache de graisse sur un vêtement.

Eau bouillante, white-spirit, fer sans papier : ce qui étale la cire

Chauffer avant d’avoir retiré le relief. Une masse de cire fondue s’étale en quelques secondes. Une goutte de deux centimètres devient une auréole plus large et plus fine, donc plus difficile à extraire.

L’eau bouillante. Elle fait fondre la cire, qui flotte, circule et se redépose en refroidissant sur une surface plus grande.

Le white-spirit en premier geste. Il dissout la cire sur place, et la solution liquide descend dans la trame. On transforme un dépôt de surface en tache dans l’épaisseur, avec un produit inflammable en prime.

Le fer posé directement sur le tissu. La cire fond sous la semelle, s’étale, et emmène le colorant avec elle. Le papier absorbant n’est pas un confort, c’est la moitié du mécanisme.

Le froid seul. Il retire le volume, pas le film. Le voile translucide se découvre après lavage, une fois le vêtement sec.

Soie, cachemire, vêtement enduit : les pièces qu’on ne chauffe pas

Un vêtement enduit, imperméabilisé ou sérigraphié ne supporte ni le fer ni le solvant : son film de surface fond ou se dissout avant la cire. On s’en tient au froid, au grattage doux et au liquide vaisselle dilué, en acceptant parfois une marque.

La soie cumule les risques : la chaleur ternit son brillant, l’alcool attaque les apprêts, le tamponnage marque la surface. Une bougie colorée sur une soie ou un cachemire part au pressing.

Hors du textile, la cire se retire autrement. Sur un bois verni, un stratifié ou un carrelage émaillé, on attend qu’elle refroidisse et on la soulève d’un bloc avec une carte plastique tenue à plat. Sur un bois brut, la cire colorée est descendue dans le fil, et seul un léger ponçage suivi d’une reprise de finition en vient à bout, comme le détaille la page du bois.

Cire de bougie : ce qui agit et ce qui détruit, matière par matière

« Cire de bougie » relève de la classe GRA — corps gras et cires. « Vêtement et tissu » recouvre 4 classes de matière, et le verdict change de l’une à l’autre.

Fibre cellulosique M2 porosité forte

Ce qui agit sans abîmer

  • Absorbant sec terre de Sommières, talc, argile
  • Action mécanique spatule, brosse, grattoir, abrasif, sel sec, aspiration
  • Liquide vaisselle tensioactif anionique
  • Eau chaude
  • Cristaux de soude carbonate de sodium
  • White-spirit essence minérale
  • Dégraissant d’agrume d-limonène
  • Essence de térébenthine
  • Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant
  • Lessive enzymatique protéase, lipase, amylase
  • Froid glaçon ou congélateur
  • Alcool à brûler ou à 90° éthanol
  • Alcool isopropylique propan-2-ol

Sous condition

Rien de conditionnel ici.

Agit, mais détruit

Aucun agent efficace n’est destructeur pour cette matière. C’est rare, et c’est une bonne nouvelle.

Fibre protéique M1 porosité forte

Ce qui agit sans abîmer

  • Absorbant sec terre de Sommières, talc, argile
  • Action mécanique spatule, brosse, grattoir, abrasif, sel sec, aspiration
  • Liquide vaisselle tensioactif anionique
  • White-spirit essence minérale
  • Dégraissant d’agrume d-limonène
  • Essence de térébenthine
  • Froid glaçon ou congélateur
  • Alcool à brûler ou à 90° éthanol
  • Alcool isopropylique propan-2-ol

Sous condition

Rien de conditionnel ici.

Agit, mais détruit

  • Eau chaude Au-delà de 30 °C, les écailles de la laine s’ouvrent et s’accrochent entre elles : le vêtement feutre et rétrécit sans retour.
  • Cristaux de soude Même mécanisme, plus lent : la laine feutre et perd son élasticité irréversiblement.
  • Chaleur sèche La kératine et la fibroïne se dégradent bien avant la température d’un fer : la laine lustre et roussit, la soie jaunit et perd son brillant. La marque est définitive.
  • Lessive enzymatique Une protéase ne distingue pas la protéine de la tache de la protéine de la fibre : elle digère les deux.

Le cas où l’on passe la main

Soie, cachemire, daim, cuir teinté et tapis anciens : le détachage à sec en atelier utilise des solvants et un contrôle de tension qu’on n’a pas chez soi. Une tache localisée sur une pièce de valeur part chez le nettoyeur, pas dans l’évier.

Synthétique thermoplastique M3 porosité nulle

Ce qui agit sans abîmer

  • Absorbant sec terre de Sommières, talc, argile
  • Liquide vaisselle tensioactif anionique
  • Eau chaude
  • Cristaux de soude carbonate de sodium
  • White-spirit essence minérale
  • Essence de térébenthine
  • Lessive enzymatique protéase, lipase, amylase
  • Froid glaçon ou congélateur

Sous condition

  • Action mécanique Un plastique se raye à la dureté d’un ongle. Aucun abrasif, aucune éponge verte.
  • Dégraissant d’agrume Attaque le polystyrène et certains caoutchoucs. Essai obligatoire sur une face cachée.
  • Alcool à brûler ou à 90° Fissure le polystyrène et voile le polycarbonate en exposition prolongée. Bref contact, chiffon à peine humide.
  • Alcool isopropylique Le solvant le plus sûr de la famille sur les plastiques techniques, mais il attaque encore certains vernis et sérigraphies.

Agit, mais détruit

  • Chaleur sèche Le polyester fond vers 250 °C mais se rétracte dès 120 °C, et l’élasthanne perd son élasticité dès 60 °C. Un fer laisse une marque lustrée définitive.

Revêtement et film M6 porosité nulle

Ce qui agit sans abîmer

  • Absorbant sec terre de Sommières, talc, argile
  • Liquide vaisselle tensioactif anionique
  • Eau chaude
  • Cristaux de soude carbonate de sodium
  • Dégraissant d’agrume d-limonène
  • Chaleur sèche fer à repasser et papier absorbant
  • Lessive enzymatique protéase, lipase, amylase
  • Froid glaçon ou congélateur

Sous condition

  • White-spirit Toléré brièvement sur une carrosserie vernie, jamais sur une peinture mate ni sur un plastique de tableau de bord.
  • Alcool isopropylique Dilué à 30 %, sur chiffon, pour un écran ou un stratifié. Jamais versé, jamais sur un joint.

Agit, mais détruit

  • Action mécanique Le film ne fait que quelques microns : le moindre abrasif le traverse et met le support à nu.
  • Essence de térébenthine Ramollit la peinture glycéro, y compris celle du support.
  • Alcool à brûler ou à 90° Détruit l’oléophobe d’un écran — la couche qui repousse les traces de doigt — et ternit les vernis à bois.

Ce qui aggrave la tache

  • Eau froide Elle n’emporte rien et elle élargit l’auréole : le corps gras s’étale sur le front d’eau au lieu de partir avec elle.

Ce qui ne sert à rien

  • Vinaigre blanc Un corps gras n’est pas un carbonate : l’acide n’a rien à attaquer.
  • Eau de Javel Elle décolore le pigment que le gras transporte, et laisse le gras.

Colonnes établies à partir de la classification publiée sur la page méthode.

Avec les produits de cette page, ne mélangez jamais

  • White-spirit, térébenthine, acétone, alcool à brûler, essence F, solvant aux agrumes+Local fermé, flamme, cigarette→ vapeurs inflammables

    Ces solvants sont inflammables — l’acétone dès −18 °C (INRS, fiche toxicologique FT 3) — et leurs vapeurs, plus lourdes que l’air, s’accumulent au sol d’une salle de bain ou d’un garage. Une veilleuse de chaudière suffit. Travailler fenêtre ouverte, loin de toute flamme, et laisser sécher dehors, à plat, les chiffons imbibés. L’inhalation prolongée est par ailleurs neurotoxique.

Questions fréquentes

Comment enlever de la cire de bougie sur un vêtement ?

Laissez durcir, passez au congélateur ou posez un glaçon en sachet, cassez et soulevez l'excédent à la spatule. Placez ensuite du papier absorbant dessus et dessous, et passez un fer sans vapeur au réglage autorisé par l'étiquette, en changeant de papier jusqu'à ce qu'il ressorte propre. Lavez ensuite normalement.

Faut-il gratter la cire ou la faire fondre ?

Les deux, dans cet ordre. Le grattage à froid retire le relief ; la fonte dans un absorbant retire le film engagé dans la trame. Gratter seul laisse toujours un voile translucide qui réapparaît après lavage.

Pourquoi reste-t-il une tache colorée après avoir enlevé la cire ?

Parce que le colorant de la bougie ne part pas avec la cire fondue : il reste dans la fibre. Ce n'est plus une tache grasse mais une tache de colorant, qu'on tamponne à l'alcool avec un buvard placé sous le tissu.

Peut-on repasser une tache de cire sur du polyester ?

Seulement si l'étiquette autorise le fer, et au réglage qu'elle indique, souvent un point, soit 110 °C au maximum. Sur un tissu marqué « ne pas repasser », un élasthanne ou un synthétique fragile, on remplace le fer par un second passage au froid et un dégraissage au liquide vaisselle.

L'eau bouillante enlève-t-elle la cire de bougie ?

Elle fait fondre la cire, mais rien ne la retient : la paraffine flotte, circule dans l'eau et se redépose en refroidissant, souvent sur une surface plus grande. Il faut un absorbant au contact pour capter la cire au moment où elle fond.

Comment enlever de la cire de bougie sur une nappe tachée de vin ?

Retirez la cire en relief à froid, sans chaleur. Traitez ensuite complètement la tache de vin à l'eau froide, puis seulement le film de cire au fer et au buvard. La chaleur fixerait le vin si on commençait par elle.

Sources et méthode

  • NF EN ISO 3758, Textiles — Code d'étiquetage d'entretien au moyen de symboles (GINETEX) : fer à un point, 110 °C maximum ; deux points, 150 °C ; trois points, 200 °C
  • INRS, fiche toxicologique FT 66 — Propan-2-ol (alcool isopropylique)
  • INRS, fiche toxicologique FT 48 — Éthanol

Ce site n’a testé aucun produit et n’exerce aucune activité de nettoyage. Il publie des mécanismes physico-chimiques et leurs limites. Sur une pièce de valeur, un doute sur la matière ou une surface étendue, un professionnel reste la bonne réponse.